Chef’s Diary

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July 1, 2008

Un cuisinier en intérim……un premier avis sur les traiteurs

Donc, 2 petits contrats depuis la fin de mon CAP et 2 traiteurs. C’est vrai que j’avais lu dans la presse du métier que le secteur des traiteurs marche très bien. Les 2 que je viens de voir de près sont numéro 1 (Potel et Chabot) et 3 (Raynier Marchetti) en France, et peut-être cela explique pourquoi on se sent loin de la cuisine et plutôt dans une usine…..même si c’est une usine qui prépare des belles choses. Combien de fois ai-je entendu le reproche “ils nous traitent comme des robots !” ? C’est probablement vrai que les traiteurs de ce niveau ont tellement de commandes à sortir qu’ils sont obligés de découper la chaîne de production en plusieurs morceaux. Plus efficace comme cela…..peut-être……j’en suis pas convaincu…..mais je débute dans ce métier et je ne vois pas forcement tous les enjeux.

En tout cas, qqs points qui ressortent de mes expériences….

  • beaucoup de créativité, mais réservée aux chefs. Les commis / demi chefs de partie / chefs de partie ne sont là que pour produire, il me semble. D’où venaient les remarques nombreuses sur “les robots”, je suppose. C’est bien dommage. J’étais fier d’intégrer Potel et Chabot, mais au final j’avais l’impression que mon avis n’avait aucune importance (cela se comprend, peut-être, vu qu’il faut produire tellement de choses) et même l’envie de comprendre le “pourquoi” et “comment” n’était pas appréciée.
  • très bonne expérience pour améliorer les automatismes…tjrs ranger le plan de travail à la fin d’une tâche, garder les couteaux dans un bac avec du produit nettoyant, aller plus vite (”on y va les gars, tappent de-dans !“) en organisant bien sa production, porter des gants souvent, poser des questions pour bien cerner un problème / une tâche (on doit souvent reproduire plusieurs 100-aines de choses en suivant un modèle….il faut faire très attention aux détails…..souvent la petite tâche de sauce tomate infusée de jus de truffe n’est pas légèrement à gauche du centre de la gelée de langouste par hasard….il faut que tout soit exactement la même !)
  • Ca bosse ! Ca ne fait jamais du mal à apprendre et à ressentir viscéralement ce que c’est de bosser. Après, ce que j’ai vu en restauration traditionnelle me semble bien sympa (même si les coupures sont dûres) !
  • Il n’y a pas de service….on ne fait que de la mise en place….toute la journée !! Donc, le rythme ne change pas, à la différence de la resto trad.
  • C’est mal payé pour ce que l’on leur donne….mais, encore une fois, je débute et donc j’ai accès uniquement aux salaires de base
  • Il fait froid…mais on s’y adapte. Chez les 2 traiteurs j’étais au “cocktail” et donc “au froid”….et donc à 12°C (je pense)……ceci dit, pendant que je tappe il fait une chaleur incroyable et il est presque minuit…pheww….peut-être ce n’est pas si mal que tout cela de bosser au froid !!
  • On commence tôt !! Chez Potel c’est 6h45 et chez Raynier Marchetti c’est soit 5h (je n’en revenais pas quand on m’a demandé si je pourrais y être pour 5 heures du matin…..me lever à 3h45…..ce n’est pas possible !), soit 6h. Au moins chez Raynier cela veut dire que l’on termine tôt (autour de 15h). Chez Potel c’était 17h au plus tôt, et souvent entre 18h et 19h (et jusqu’à 22h/23h pendant les semaines de Roland Garros).
  • Le-voila mon avis,….et j’insiste sur le fait que ce soit un premier avis. Je n’ai vu qu’une petite partie de ces traiteurs. J’aimerais bien travailler en déplacement sur une affaire pour l’un des traiteurs….une fois que j’ai un peu d’expérience au chaud dans un resto trad.

    A bientôt.

    June 27, 2008

    Un cuisinier en intérim….un avis sur la démarche à suivre…

    Category: Français, temp work / intérim – Dom – 4:56 pm

    Je suis officiellement disponible pour travailler en tant que cuisinier professionel depuis un peu plus qu’un mois. Pendant ce temps j’ai pu passer 4+ semaines chez Potel et Chabot (en CDD - 1500€ par mois+heures supp) et 3 jours chez Raynier Marchetti (en intérim / extra - 12€20 l’heure), et je pars en Angleterre pour 3 mois dans la cuisine d’un grand restaurant à Newcastle (1400€ par mois). Donc, ça va sur l’ensemble.

    Par contre, la recherche du boulot en intérim n’est pas aussi facile que je ne pensais au début de mai….j’ai eu vraiment du mal avec les boîtes d’intérim. Il n’y a pas assez de ressources pour combler la demande, selon la presse du métier. Peut-être cette difficulté de trouver du boulot en intérim ne concernait que moi.

    En tout cas, pendant les mois à venir, je vais vous décrire ce que c’est la vie en intérim avec les pièges que je rencontre sur le chemin. Pour commencer cette série, je vous fais part d’un mèl que j’ai envoyé à une amie de ma formation.

    Bonne lecture et à bientôt.

    ……En cequi concerne l’intérim je n’ai pas encore travaillé “en intérim”, proprement dit. Chez Potel et Chabot j’avais un CDD d’un mois à 1500€ par mois pour 39 heures (et toutes les heures supp payées à 110 à 120%…..et il y avait des heures supp !!). Donc, je n’ai pas encore vu comment ça marche réellement avec les boîtes d’intérim.

    Par contre, ce que je dirais c’est qu’il faut penser aux choses suivantes,
    décider clairement quand est-ce que tu seras disponible, et ne pas changer toutes les semaines
    tu risques d’être traitée comme de la viande par les agences - en tout cas, les personnes que j’ai rencontré passaient bcp de temps au téléphone, ils gèraient bcp de dossiers et ils étaient, globalement, assez “speed”. Donc, il faut essayer de “jouer le jeu”, sourire, et les laisser aller à leur rythme - l’essentiel étant de s’inscrire. De toute manière, il y a des agences qui “écoutent” mieux que d’autres (manifestement c’était le cas avec Adia - que nous avons tous rencontré au Greta - et non pas avec Adaptel….mais Adaptel place bcp de gens).
    il faut tjrs passer voir les agences pourque les agents commencent à penser à toi. Pendant mon temps chez Potel et Chabot j’ai eu 1 appel (de Manpower) pour une opportunité (le lendemain). Alors, vu que le mois de juin est le mois où il y a bcp de taff, 1 appel est loin d’être satisfaisant. En parlant avec un cuisinier il m’a dit que toutes les agences ont leur liste de cuisiniers qu’ils utilisent tout le temps. Les nouveaux (comme moi, toi…..) sont employés quand les habitués ne sont pas dispo. Donc, pour s’assurer d’un appel il faut passer les voir regulièrement…et apparamment un simple appel téléphonique ne suffit pas.
    n’impose pas (trop) de contraintes, à mon avis. J’ai, peut-être, fait l’erreur de dire que je ne voulais bosser que sur Paris - c’est à dire, intra-muros. Peut-être c’est aussi pour cela que j’ai eu si peu de contact.
    J’ai essayé Manpower (Rome, à côté de St Lazare - à l’écoute), Adaptel (qqs minutes de Gare de l’Est - très “speed” mais vraisemblement bon pour trouver du boulot, même si moi, je n’ai pas eu d’appel) et Interim Nation (à 2 pas de Ch de Gaule d’Etoile).

    A priori cela prend qqs mois pour commencer à avoir du boulot régulièrement.
    ……..

    June 23, 2008

    Filet de Rascasse et sa salade aux saveurs d’Asie

    Suite à une 2ème visite chez le seul poissonnier “MOF” (Meilleur Ouvrier de France) sur Paris (apparrament il n’y en a que 6 en France) à Rue Lecourbe dans le 15ème avec ma famille (je voulais leur montrer les beaux poissons que l’on y trouve), j’ai pris un magnifique Rascasse Sébaste.

    d’ailleurs, je cherchais un poisson “pas cher” et une espèce qui n’est pas surpêchée aujourd’hui. Moins que 10€ le kilo n’est pas mal, mais comme avec tout poisson entier, il ne faut pas oublier la perte quand on lève les 2 filets (dans le cas du rascasse, c’est entre 50-60% perte). Tout n’est pas perdu, par contre, puisque l’on peut réaliser un bon fumet de poisson avec les arrêtes qui restent.

    En ce moment, je suis assez branché sur les saveurs “thai” (gingembre - je n’ai pas encore essayé la galanga pour remplacer le gingembre - le lait de coco, la coriandre, piments, pâte de crevettes, nuoc mam, huile de sésame…..).

    En l’occurrence aujourd’hui je ne travaille pas chez Potel et Chabot (et il faut le dire que je n’étais pas trop triste de ne pas être obligé de me lever à 05h15 !!) puisque mon fils, Noé, est malade (encore un otite et fièvre pour le “x-ième” fois !), et donc je devais rester à la maison pour le garder et aller voir le “toubib”.

    Alors, pour mon déjeuner aujourd’hui, je voulais préparer un beau filet de rascasse (sauté à la poêle) avec une petite salade “sucrée salée” de légumes frais (fenouil, carotte et concombre) et fruits (grenade et pamplemousse) liée avec une vinaigrette à la base de l’huile de sésame, du jus de pamplemousse et du nuoc mam. J’ai ajouté du riz qui restait d’hier, que j’ai réchauffé avec une noisette de l’huile de sésame……et le résultat ???

    Mon sentiment……rascasse a besoin d’être bien assaisonné, sinon c’est fade….poisson blanc qui nous donne un bon fond auquel il faut ajouter d’autres saveurs. La salade de légumes frais (soit coupé en brunoise, comme dans cette recette, soit en julienne) et de fruit “acidulé”, liée avec les parfums d’Asie (coriandre, nuoc mam, sésame) marche très bien. D’ailleurs, j’ai lu qu’Olivier Roellinger aime bien aussi les influences d’Asie (particulièrement le nuoc mam - même s’il emploie un nuoc mam largement supérieur au mien de Monoprix !).

    Ci-dessous la recette de ma vinaigrette

    Vinaigrette d’Asie

  • 2 cuillières à soupe d’huile de sésame
  • 2 cuillières à soupe de jus de pamplemousse
  • 1 cuillière à café de nuoc mam
  • 1/2 cuillière à café de coriandre ciselé
  • sel et poivre
  • C’était très bon, mais il faut “jouer” avec les proportions à mon avis.

    June 15, 2008

    La journée type d’un demi-chef de partie chez Potel et Chabot

    Déjà il faut comprendre que le mois de juin est la période où les restaurateurs Français (au moins, ceux à Paris….je ne sais pas exactement pour partout en France) réalisent une bonne partie de leurs chiffres d’affaire pour l’année. Chez Potel et Chabot c’est un mois qui doit représenter autour de 50% des revenues annuelles (rien que Roland Garos en fait 40% !).

    Donc, il y a du boulot !

    Alors, qu’est-ce que l’on fait chez un grand traiteur ? Je suis chez Potel depuis seulement qqs semaines, mais j’ai pu déjà voir pas mal de choses. Donc, d’après mon expérience…….

    Une semaine…c’est entre 5 et 7 jours de travail (en fonction du boulot à réaliser…Roland Garos = 7 jours par semaine). La journée…elle commence à 6h30 et termine entre 18hrs et 22hrs (encore en fonction des commandes à préparer). Au siège à Chaillot il y a plusieurs équipes qui ont toutes comme but de participer à la réalisation des plats / petits fours / canapés / patisseries (unité de production) pour les commandes qui arrivent tous les jours. Chaque équipe prépare une partie de chaque unité de production. C’est essentiellement une chaîne de production qui passe par les “postes” / étapes suivantes,

  • la réception
  • nettoyage et épluchage
  • préparation initiale des produits bruts / montage
  • cuisson
  • pâtisserie
  • froid
  • cocktail
  • envoie
  • Je travaille dans l’équipe du froid qui termine tout ce qui est salé (pâtisserie prépare de “A à Z” tout ce qui est sucré, je suppose), et donc nous voyons au moins le résultat final des unités de prod. Sans rentré dans les détails, la journée typique est

  • 6h30 - l’arrivée et s’habiller au vestiaire (il y a un vrai vestiaire avec un casier par employée, et les vêtements sont fournis par le service de blanchisserie). Nous portons tous la veste, le pantalon, les chaussures de sécurité (jusqu’à là, c’est comme n’importe quelle cuisine)
  • , un tablier jetable en plastique et une calotte en papier….sans oublier le pull en-dessous de la veste parce qu’il fait à peu près 12°C dans notre “cuisine”.

  • 6h45 - dresser les plateaux repas (souvent 100 entrées et plats à préparer) pendant 1 heure, le temps de laisser notre chef de partie organiser les commandes pour notre journée qui sont collées sur les frigos à côté de nos postes de travail
  • 8h à 11h45 - travailler sur les commandes pour envoi aujourd’hui. Nous avons beaucoup de place pour travailler, nos plans de travail (modulable) sont nettoyés après chaque “montage” et avant de passer à autres choses. Nos couteaux sont toujours rangés sous notre plan de travail dans une baque gastro trempés dans de l’eau et du produit de nettoyage (j’ai jamais vu cela dans les autres restos où j’ai travaillé principalement à cause d’une manque d’espace).
    Il y a des visites journalières par l’équipe d’hygiène pour vérifier notre respect des règles HACCP.
  • 11h45 - nous rangeons nos postes, nettoyer tous les plans de travail, ranger tous les produits au frigo
  • midi à 12h30 / 13h (ça dépend le boulot qu’il y a à faire) - déjeuner dans la canteen où au moins c’est offert.
  • 13h à 17h30 / 22hrs (pendant Roland Garos la fin de la journée était plutôt entre 20h et 22h) - continuer sur la préparation des commandes (normallement pour le lendemain) et puis c’est la mise en place.
  • Je dirais que c’est un travail très répétitif avec les même gestes technique employées encore et encore….ceci dit, nous montons des jolis choses, les associations des saveurs sont parfois surprennantes (saumon fumé saupoudré de cacao), les produits sont de bonne qualité et il y a des vrais pros qui aiment leur métier.

    Je serai content de partir à la fin de ce mois-ci, mais j’aurai appris pas mal de choses pour la suite.

    June 2, 2008

    Poitrine Sarthoise et Rouget, Lentilles Vertes et Crème à l’Estragon

    poitrine rouget et lentilles

    Je voulais partager un plat avec vous que j’ai préparé hier pour ma femme et les enfants. Encore une fois, c’était Tom Aikens qui était à la source de la recette, et puis le plat était completé par mon envie d’ajouter qqchose de “français” (lentilles et crème à l’estragon). Le mélange de poisson et viande est typique de Tom Aikens et à mon avis ça marche bien (par contre, pas n’importe quelle association) - le “sucré” du porc (bien gras) se marie bien avec le rouget (un poisson qui va bien avec le sucré de manière générale). Les lentilles me font penser à la France tout de suite - surtout les vertes de Puy, bien sûr. Le tout est terminé avec une sauce crèmée à l’estragon qui va très bien avec le porc et les lentilles.

    Le Porc - 1kg de poitrine de porc de la Sarthe, avec une bonne % de gras qui très est important pour le goût de la viande…..un porc maigre n’est pas très intéressant. J’achète toute ma viande chez mon boucher dans le 19ème - bon artisan, viande de très bonne qualité, Label Rouge.

    mon boucher

    Il faut cuire pendant 2 hrs la poitrine séparament la veille dans de l’eau (bien couvrir le porc) avec sa garniture aromatique (oignon, échalotte, carotte, thym, laurier, ail, fenouil). Faites attention que le porc soit toujours couvert de l’eau (sinon, la viande deviendra dûre). Réserver la viande au frais dans du papier alimentaire. Le jus de cuisson est à passer au chinois (pour ne laisser que le jus) et puis il faut le réduire par 3/4 (le résultat étant un jus sirupeux corsé et légèrement sucré - grâce aux carottes et au fenouil). Une fois réduit, ajouter 250g de crème, les feuilles de 5 ou 6 branches de l’estragon, mixer, passer et réserver.

    Le Rouget Barbet - j’ai pris des rougets de 300g chacun de chez Dominique Maury dans le 13ème, belle couleur. Il faut les désarêter et puis sauter les fillets dans une poêle très chaude, en commençant par le côté avec la peau (le côté de présentation). N’hésitez pas à mettre pas mal de huile d’olive. 3 ou 4 minutes maximum.

    Les Lentilles - 200g Lentilles de Puy, 800ml de l’eau avec une bonne garniture aromatique (j’ai mis de l’échalotte, du céléri branche, 1 tête de l’ail avec sa peau, thym et laurier, 5 branches de l’estragon), cuire pendant 40+ minutes (vérifier la cuisson à partir de 30 minutes). A la fin de la cuisson, retirer la garniture aromatique.

    May 29, 2008

    Fricassée de Rouget et Thon Rouge mariné, vinaigrette de pistache sur son lit de figues

    Suite à ma sortie chez Dominique Maury, poissonnier du 14ème Paris, j’ai voulu préparer un plat digne de ses beaux poissons. J’ai acheté qqs filets de rouget et 180g de thon rouge (je voulais manger un peu de poisson cru). Je lui ai demandé d’habiller et préparer les rougets (vu que je n’ai pas mes couteux et que mon doigt ne me facilite pas la vie), et il m’a fait un très bon prix sur le thon.

    J’avais en tête un plat fortement influencé d’une assiette que nous préparons chez Potel et Chabot - par contre, je voulais acheté des grenades, mais j’en ai pas trouvé et donc j’ai pris des figues à la place. Je voulais aussi préparer une vinaigrette balsamic avec des pistaches, du coriandre et de l’estragon.

    Et le-voila le résultat……

    rouget et thon

    Au final, c’était bon avec le rôle de la vedette joué par les rougets - magnifique ! J’ai bien aimé ma vinaigrette, mais le thon était un peu décevant.

    La pêche et les Poissonniers : visite chez Dominique Maury…..

    Category: Fish / Poisson, Français – Dom – 10:17 am

    Avant hier, ma copine Monique m’avait parlé d’un poissonnier génial qui se trouve dans son quartier à côté de Denfert Rochereau. J’ai vite fait consulter le web pour en savoir un peu plus, et effectivement, M. Dominique Maury avait l’air de tenir un très bon établissement.

    Poissonnerie Océanique
    Dominique Maury
    19 rue Mouton-Duvernet 74014 Paris
    Tel +33 01 45 39 47 76 Port +33 (06) 28 21 59 05

    poissonnier-dominique-maury.jpg

    Donc, hier je suis parti rencontrer Dominique chez lui - une rencontre ouverte, honnête et donc très intéressante. Avec les poissonniers de mon quartier (19ème Paris) je trouve les échanges parfois assez “mercantiles” accompagnés par une méfiance des questions sur la provenance des poissons et sur la pêche durable de manière générale. Certainement pas le cas avec Dominique.

    Dominique ne vend que du poisson “petit bateau”, et donc, du poisson en très bon état (ne sont pas abîmés par l’écrasement dans les filets des chaluts) et très frais (parfois pêché qqs heures avant, à la différence des gros bateaux - 50 à 100+ mètres - qui tournent en haute mer pendant 2 semaines avant de retourner au port).

    En l’occurrence il n’avait pas bcp de poisson (ceci dit, c’était 16h30, et 2 tiers de son chiffre d’affaire se réalise le matin - logique !), mais ce qu’il avait était très beau….surtout le bar de ligne (35€/kilo, tout autour de 4 kilo le poisson) et les rouget (magnifique….même s’ils sont trop cher pour mon budget - ceci dit, j’en ai pris hier). Il m’a rappelé des grèves des pêcheurs, qui expliquait partiellement pourquoi il avait si peu de poisson. Par contre, grâce à ses contrats avec certains pêcheurs (au lieu de passer par Rungis), il arrive à avoir plus de poisson que d’autres poissonniers sur Paris.

    Par contre, même pour un poissonnier aussi pro et passionné que Dominique, la validation de la provenance et de la population de ses poissons n’est pas évident. Il avait du thon rouge (Northern / Southern Bluefin, en anglais) en provenance de l’océan Indien - très beau, et j’en ai même acheté pour voir ce que ça donne (je ne connais pas vraiement le thon - sauf en boîte à conserve !!!). Le problème étant que, selon le WCUN (World conservation Union), le FAO (Food Agriculture Organisation), le MCS (Marine Conservation Society) et le MSC (Marine Stewardship Council), les stocks de thon rouge sont en état critique (parfois il n’y a pas d’information sur les populations de thon dans certains régions). Tous les authorités disent qu’il ne faut pas acheter le thon rouge. Dominique n’était pas d’accord….et peut-être il a raison. Mais, c’est très compliqué le monde de la pêche avec des quotas qui sont souvent injuste (en se basant sur des calculs inexacts réalisés par le FAO et autre scientifiques), avec des pays qui dépassent ces quotas sytématiquement (Espagne, France, Irelande, Italie, Norvège, Japon), avec des bateaux qui portent des drapeaux d’autres pays (pour pouvoir exploiter encore plus les mers auxquelles ils n’auraient pas accès normallement), avec des subventions de l’UE qui ne font rien pour ralentir la surpêche de nos océans, avec les pirates qui ne respectent aucune règle….et ainsi de suite.

    En tout cas, une rencontre avec un poissonnier qui aime son métier (et ses poissons…il a du carresser les bars, le thon et le cabillaud plusieurs fois pendant ma visite !!), et j’y retournerai bientôt.

    Une dernière remarque, dans “Marianne” cette semaine (24-30 mai) il y a 6 pages sur “La disparition programmée des poissonniers” (avec une photo de Dominique Maury, d’ailleurs) et “Poissons d’Elevage contre les Poissons Sauvages”. Intéressant, et plutôt inquiétant.

    Marianne 24-30 mai

    May 27, 2008

    Arrêt de travail - chefsdiary face aux réalités du métier…

    Category: Français, Potel et Chabot – Dom – 8:46 pm

    me and my sore finger

    Un véritable problème pour le cuisinier est l’accident de travail et plus exactement, l’arrêt de travail qui pourrait en découler ! Malheureusement, je me suis trouvé dans ce cas de figure hier matin au bout de 3 heures de ma 3ème journée chez Potel et Chabot. Je me suis coupé le bout de l’annulaire (main gauche) avec mon couteau de chef en éminçant des feuilles d’estragon…..une connerie, bien sûr.

    Donc, 1 heure et demie plus tard j’étais dans la rue devant l’immeuble de Potel et Chabot au début de mes 8 jours d’arrêt de travail !!!! Tout à coup, je ne pouvais plus (même si c’est temporaire) exercer le métier que j’étais en train d’intégrer…..et donc, un rappel qu’une santé d’enfer est primordiale pour réussir ce métier, et que je dois respecter (et donc, protéger) mes mains.

    Mon premier souci est que Potel et Chabot annule mon contrat - mon doigt doit absolument cicatriser, et cela pour le début de la semaine prochaine…..si non, j’ai bien peur que Potel et Chabot n’attendra pas.

    Ceci dit, à force d’être à la maison cette semaine (et donc disponible), j’ai pu assister aujourd’hui à 1 journée d’une formation de 5 jours pour la création et la reprise d’un restaurant…très, très intéressant.

    So, every cloud has a silver lining !!

    May 20, 2008

    Recherche du boulot - ça commence chez Potel et Chabot samedi matin !!!

    Category: Français, Potel et Chabot, temp work / intérim – Dom – 11:22 pm

    Potel et Chabot

    Je n’en reviens pas…..la journée a mal commencé……début de matinée avec mes coups de fils aux boîtes d’intérim (rien aujourd’hui….désolé)…..et puis une éclaircie dans les nuages…..suivi par une discussion avec ma femme qui m’a donné les coordonnées de Sébastien, qui travaille dans le métier depuis 10+ d’années……la matinée commence à aller mieux…..qui m’a donné les coordonnées du responsable des embauches chez Potel et Chabot…..ça allait de mieux en mieux…….j’ai appelé ce monsieur qui m’a proposé un rdv cet après-midi……et alors là, ce qui a suivi, c’était le premiers pas dans cette 2ème phase de mon reconversion de consultant en informatique vers chef de cuisine / restaurateur……..le responsable des embauches m’a proposé un contrat (qui dure jusqu’à la fin de juin, à ma demande puisque je pars en Angleterre pendant 3 mois) et je commence samedi en tant que demi-chef de partie. Soyons clair, je serai en “salle blanche” dans l’atelier de ce traiteur mondialement reconnu - et donc des températures basse où j’assemblerai bcp, bcp, bcp des choses…..un peu la chaîne, quoi. Mais, je suis très, très content de faire ce premier pas…..c’est une opportunité de connaître une grande maison, nouer des liens, commencer à tisser un nouveau réseau. Je vais bosser dûr, ça risque d’être répétitive….mais au pire je saurai au bout d’un mois que je ne veux plus faire ce type de restauration et je connaîtrai (un peu) la grande maison que c’est Potel et Chabot.

    Rendez-vous chefsdiary pour voir comment ça ira.

    Cheers…..;-)

    May 19, 2008

    recherche du boulot avec les boîtes d’intérim

    Category: Français, temp work / intérim – Dom – 9:56 pm

    Boîtes d

    …et alors, ma première semaine sans formation, sans stage, et donc, sans cuisine pro ! Peut-être sans surprise, je suis un peu déprimé aujourd’hui…:-(

    Je suis officiellement à la recherche du boulot, même si j’ai tjrs mon salaire de Capgemini pour ce mois-ci.

    Mais, de toute façon, trouver du boulot dans le secteur “Café, Hôtellerie, Restauration” est facile, non ? On entend tjrs parler des restaurateurs qui n’arrivent pas à trouver du personnel (travail pénible, salaire minable, blah, blah, blah….), bcp plus de demande que de l’offre, selon la presse.

    J’ai commencé il y a 3 semaines à prendre rdv avec qqs boîtes d’intérim - question de m’inscrire, me présenter, me faire connaître et principalement, de prendre de l’avance et être prêt quand la formation aurait terminé. Je ne suis pas sûr que cela valait la peine - la plupart hésitaient de me laisser m’inscrire - mais à force d’insister un peu, j’ai pu compléter l’inscription dans 2 de 3 boîtes (manpower et adaptel).

    Jusqu’à présent, mon premier ressenti vis à vis de ces boîtes n’est pas très positif. Les agents qui gèrent nos dossiers sont souvent très “speed” et n’ont pas le temps de vraiment écouter (nos souhaits, notre parcours). Ceci donne pour des rencontres assez “rude” et au final c’est un peu difficile à ne pas s’énerver (à cause de la manque d’écoute de notre interlocuteur) ! Pour l’instant, j’essaie de garder mon sang-froid…..j’ai besoin d’eux, tout simplement.

    J’ai encore 2 rdv avec 2 autres boîtes - Adia et Manpower (cette fois-ci, l’agence qui s’occupe des restos gastronomique) jeudi, qui veut dire que je risque de ne pas bosser cette semaine.

    C’est marrant….en septembre 2007 j’attendais le retour / feu vert du Fongecif, et maintenant je compte sur des agents surchargés de travail pour me donner mes chances. Quand qqn me fera confiance en cuisine, avec un salaire et de la responsabilité (et des choses à cuire, pourquoi pas !!?), cela sera le bonheur !!

    Je vous donnerai des retours sur mon travail en tant qu’intérimaire sur Paris. Je cherche à travailler le plus possible en juin jusqu’à mi-juillet, et puis je pars en Angleterre (Newcastle plus précisement)